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  • L’ÎLE DE SABLE : Le sourire de l’Atlantique

    SABLE ISLAND: The Smile of the Atlantic
    By: Sue Ratcliffe

    translated by Marie Josée Hull

    L’île de Sable est située à environ 300 kilomètres au large de la côte sud-est de la Nouvelle-Écosse. Il s’agit d’un banc de sable étroit en forme de croissant, d’environ 42 kilomètres de long et d’environ 1,5 kilomètre de largeur à son point le plus large, ce qui lui vaut le surnom de « sourire de l’Atlantique ». Les vastes plages de l’île et ses dunes de sable mouvantes, qui changent d’une année à l’autre, abritent la plus grande colonie de phoques gris au monde ainsi que des étangs d’eau douce qui soutiennent une flore rare. Les plantes, les oiseaux et les insectes se sont adaptés à la vie sur l’île de Sable, dont certaines espèces ne se trouvent nulle part ailleurs sur la planète. Plusieurs colonies d’oiseaux y résident, dont le bruant d’Ipswich, une espèce qui se reproduit uniquement sur l’île. L’île de Sable est la région du Canada la plus exposée aux ouragans, l’endroit le plus brumeux des Maritimes et elle est sujette à de fortes tempêtes d’automne et d’hiver, ce qui rend les déplacements vers l’île souvent difficiles. On ne peut s’y rendre que par avion ou par bateau.

    En mai 2010, le gouvernement fédéral a annoncé que la protection de l’île serait transférée de la Garde côtière canadienne à Parks Canada, et l’île de Sable est officiellement devenue une réserve de parc national le 20 juin 2013.

    Depuis des années, les récits entourant l’île de Sable fascinent les gens, et beaucoup sont profondément attirés par les chevaux qui y vivent depuis longtemps. Ces chevaux célèbres confèrent une dimension presque mythique et éthérée à cette île insaisissable, dont le charme pur et magique continue de captiver et d’envoûter l’imaginaire.

    Les chevaux de Sable descendent de chevaux amenés par des Bostoniens et des Acadiens, relâchés sur l’île à la fin du XVIIIᵉ siècle et devenus rapidement sauvages. D’autres chevaux ont ensuite été transportés sur l’île afin d’améliorer le cheptel reproducteur, car ils étaient destinés à servir d’animaux de travail pour les fermes de l’île. L’agriculture sur l’île a pris fin en 1961, mais les chevaux ont survécu, appris à s’adapter aux conditions difficiles de l’île et sont depuis génétiquement isolés. Les chevaux sont de petite taille et présentent différentes couleurs, bien qu’ils soient généralement de teinte plus foncée. Le troupeau n’est pas géré par l’humain. Les chevaux vivent constamment exposés aux éléments et à un paysage changeant. Ils survivent principalement grâce aux herbes sauvages de marram qui poussent dans le sable et complètent leur alimentation avec d’autres plantes, comme le pois de mer, la sabline et les algues rejetées sur la plage. Les chevaux n’ont aucun prédateur sur l’île. Ils vivent libres et paisiblement, sans craindre d’être attaqués. Comme d’autres chevaux vivant à l’extérieur durant les saisons froides, ils développent un épais pelage laineux. Ils ont appris à chercher protection, généralement en groupe, dans les creux entre les dunes de sable lors des intempéries. Dans la moitié ouest de l’île, les chevaux boivent l’eau des étangs d’eau douce et se nourrissent des herbes et des plantes qui y poussent. Dans la moitié est, où il n’y a généralement pas d’étangs, les chevaux accèdent à l’eau souterraine en creus

    La structure génétique des chevaux de l’île est très différente de celle de toute autre race ou population de chevaux. Elle reflète les effets de la sélection naturelle et de la dérive génétique qui ont influencé cette population pendant plus de 250 ans. Ces chevaux se sont remarquablement bien adaptés à leur environnement rude.

    L’île abrite actuellement plus de 500 chevaux, qui sont protégés par la loi contre toute intervention humaine, car dans les années 1950, ils étaient menacés d’extinction en raison des captures et des rassemblements de troupeaux. Historiquement, la population de chevaux variait entre 150 et 250 individus. Depuis leur protection en 1961, la population a augmenté lentement et, ces dernières années, elle oscille généralement entre 450 et 550 chevaux. Les chevaux vivent en petites bandes familiales, composées d’un étalon dominant, d’une ou de plusieurs juments et de leurs jeunes. Les mâles vivent souvent seuls ou forment des groupes avec d’autres mâles (sans juments) ou avec de jeunes mâles.

    Le nombre de naissances et de décès varie d’une année à l’autre, avec une moyenne d’environ 76 poulains nés et 64 décès de chevaux par année (selon les données recueillies). La plupart des mortalités surviennent à la fin de l’hiver et au début du printemps, lorsque la disponibilité de nourriture est plus faible et que les conditions météorologiques humides, venteuses et froides rendent la survie plus difficile pour les chevaux — une situation qui n’est pas inhabituelle pour de nombreuses espèces sauvages.

    Le paysage unique, l’histoire et les chevaux sauvages ont fait de l’île de Sable un lieu emblématique du Canada. C’est un véritable rêve pour les amoureux des chevaux et les photographes. Chaque journée y est une aventure magique : on s’imprègne de la beauté du paysage tout en observant et en partageant des moments avec les chevaux sauvages. On y découvre l’une des îles les plus sauvages et les plus isolées au monde. L’île de Sable, sauvage et naturelle… vivez vos rêves et visitez l’île dont sont faits les contes et les légendes.